Le Dauphiné
26 Août 1983

Des patchworks de contes de fées

Du « Chat Botté » à « L’Arbre de Lune », le monde naïf de Jacqueline Houser. Professeur d’Allemand au Lycée Quinet, Jacqueline Houser quittera l’enseignement à la rentrée prochaine, pour se consacrer, entre autres ( ! ) à son hobby.

Si elle abandonne le professorat, elle ne se détourne cependant pas totalement du visage de l’enfance, qui, au fond, l’habite et se révèle dans l’exubérance et la naïveté des motifs qu’elle trace sur le tissu. Depuis plusieurs années, elle occupe ses loisirs à créer des « tableaux » dont l’inspiration trouve ses sources dans les contes de fées, mais aussi dans la musique ou la littérature. L’envie de faire « autre chose », de prendre son temps. « Faire de la tapisserie est devenu pour moi une passion », explique Jacqueline Houser. « Jusqu’à présent, je n’avais que peu de loisirs à consacrer à cette occupation. Mais plus j’avance dans la vie, plus je me rends compte qu’il faut savoir marquer une pause pour s’adonner à des activités vers lesquelles on se sent davantage attiré. En ayant pris la décision de renoncer à l’enseignement, j’espère que je ne me suis pas trompée, c’est tout ! » Pour le moment, Jacqueline Houser ne songe pas à vivre de sa « passion ». « Jusqu’à présent, toutes les tapisseries que j’ai réalisées ont été offertes aux membres de ma famille et à mes amis !… » « Eventuellement, j’aimerais en vendre, mais auparavant, il faudrait que je me fasse connaître sur le plan local par le biais d’une exposition, qui n’est encore qu’à l’état de projet. Ce qui compte, c’est la satisfaction que j’en tirerai ».



Le Progrès
13 janvier 1984

Jacqueline Houser

« J'ai toujours été fascinée par les couleurs, les tissus ». Les yeux de Jacqueline Houser brillent lorsqu’elle parle de sa passion. Depuis longtemps elle rêvait de s’y consacrer. Et pour cela elle a quitté un métier qu’elle adorait. « Pendant quinze ans j’ai été professeur d’allemand et j’ai passé treize ans au collège du Revermont. Si je suis partie, ce n’est pas parce que ce métier me déplaisait, mais pour faire de la tapisserie. Je l’ai dit à mes élèves… » Au mois de septembre, elle se retrouve donc libre de créer. « Ce que je fais est difficile à définir. Finalement, j’ai appelé ça ‘composition de tissus’ ». Sur fond de toile de jute, Jacqueline Houser compose des tableaux de tissus. Elle remplace la peinture par le textile, le pinceau par la machine à coudre. « J’ai commencé en 1976, par hasard. J’avais commandé un tableau en tissus à une amie qui m’a dit ‘fais-le toi-même’ ». Au rythme de un par vacances, Jacqueline Houser se prend au jeu et joue du tissu. Sa première composition figurative et naïve, elle l’exécute tout à la main, et, plus tard, elle optera pour la machine. Son inspiration ? Les contes, les fables ou les légendes qu’elle traduit au gré de son imagination. Des lieux fantastiques, lumineux où les personnages (dont deux insectes étonnants) sortent droit de l’enfance. « J’ai fait le Petit Chaperon Rouge après avoir lu l'interprétation qu'en fait Bettelheim » explique Jacqueline Houser. Le loup discret a l’air coquin… Ses œuvres de vacances, elle les a distribuées autour d’elle. L’une d’entre elles est même allée jusqu’à Oslo, dans l’appartement de sa sœur. Mais pour une semaine, elle les réunira toutes. Du 23 au 29 janvier, Jacqueline Houser expose au centre Albert Camus. « On m’a un peu poussée à le faire. Mais j’ai envie de savoir si ça plaît ». Le jugement, la critique éventuelle sont importants pour elle : elle veut désormais vendre ses tableaux. Une étape logique dans son enchaînement. Plus tard, elle se lancera peut-être dans l’abstrait. « J’ai des idées plein la tête. Je crois que cette exposition me galvanisera… ».



Le Courrier des métiers d’arts
Octobre 1985

Evénements

Cinq expositions en quelques semaines : la SEMA reprend à la rentrée le rythme soutenu et varié de ses activités à Pleyel.

Paysages de fées

Les compositions textiles de Jacqueline Houser ont eu, en septembre, un grand succès : la peinture est remplacée par le tissu et l’aiguille tient le rôle du pinceau. Au niveau de l’exécution, l’improvisation est savoureuse : mise en relief des fils de laine ou d’un motif entier, glissement de tissus les uns sur les autres par épinglages successifs, usage d’autres matériaux comme les perles, recherche d’une transparence… et de matières : mates, brillantes, précieuses, rustiques… Un couple s’enlace sous le soleil de la Saint-Martin, le «Roi de Thulé » rêve en son palais, et l’adorable « Chaperon Rouge » chemine dans une forêt de fleurs. De grands tableaux pour des mystères séculaires.


Un cachet naïf

Il y a quelques années, Jacqueline Houser découvre chez des amis une tapisserie confectionnée par la maîtresse de maison et représentant « Barbe Bleue et ses sept femmes ». Elle décide de créer à son tour des « tableaux » en utilisant la toile de jute comme support, le plus souvent. Point par point, elle assemble, ordonne les bouts d’étoffe, bâtissant un château du Moyen Age, au pied duquel un chevalier promène à cheval sa gente dame ; ou rassemblant une portée de canetons, entre des corolles de fleurs aquatiques, sous l’œil vigilant d’une maman canard. Rustique ou raffiné, le thème choisi est toujours empreint d’un cachet naïf, conférant une fraîcheur et une spontanéité à l’ouvrage. A tel point que, parmi ses admirateurs, Jacqueline Houser compte autant d’enfants séduits par son interprétation du « Chaperon Rouge » que d’adultes. « J’adore jouer avec les couleurs et marier les matières simples et précieuses. Actuellement, je prépare une tapisserie inspirée du conte du « Chat Botté ». S’y mêleront les bruns, avivés par des pointes de violet, de pêche, d’émeraude ». A priori, Jacqueline Houser réalise avec bonheur la symbiose de la couture et du dessin. Une prochaine exposition nous permettrait sans doute d’en juger plus largement. - F.L. -

 

 


Allemagne
mars 1990

Phantastische Wandteppiche

Jacqueline Houser stellt ihre Arbeiten in der Sparkasse aus

Wie eine Szene aus Goethes Erlkönig scheinen Pferd und Reiter der Wirklichkeit zu entfliehen. Durch Übereinandernähen von Stoffen ist eine gespenstische Atmosphäre entstanden.

Mit farblich brillanten Wandteppichen und Gobelins aus aufgenähten Stoffen gibt die Künstlerin Jacqueline Houser aus Bad Kreuznachs Partnerstadt Bourg-en-Bresse Einblick in ihre verträumt-verspielte Welt. Eine repräsentative Kollektion der ehemaligen Deutschlehrerin ist noch bis zum 10. April in der Kundenhalle der Sparkasse am Kornmarkt ausgestellt. Mit der Nähnadel als künstlerisches Werkzeug gelingt es Jacqueline Houser ihre Ideen in groBformatige Wanddekorationen umzusetzen. Dabei bedient sie sich sehr farbintensiver Textilien, die sie zu Applikationen zusammennäht. Oft bringt sie dabei interessante farbliche Effekte zur Wirkung, die durch Polarisierung von grellen Farbwerten und Pastelltönen noch unterstrichen werden. Viel Figürliches aus der Flora und der Fauna ist zu sehen. Sie drückt aber auch ihren unerschöpflich scheinenden Phantasiereichtum in amorphen Gebilden und abstrakten Formen aus. Ein bunter Regenbogen scheint seine Farbenpracht auszubreiten und facettenreich in eine Flut von Tönen überzugehen. Jacqueline Houser liebt diese lebhafte und sinnliche Materie, die durch ihre Reliefs und ihre vielfältigen Reflexe das Licht anzieht und dadurch den Werken Bewegung und Kontinuität verleiht. In anderen Arbeiten tauchen Fabelwesen wie aus einer anderen Welt auf, scheinen sich zu bewegen und gaukeln dem Betrachter einen Hauch von Unvergänglichem vor. Mythisches vermischt sich mit realistischen Szenen, handwerkliche Kunst mit sicherem Gespür für ästhetische Gestaltung - ak -


(Traduction)

 


 

Tapisseries fantastiques

Jacqueline Houser expose ses œuvres à la Caisse d'Epargne.

Comme sortis d'une scène du ''Roi des Aulnes'' de Goethe, cheval et cavalier semblent s'échapper du monde de la réalité. C'est avec la superposition d'étoffes que naît une atmosphère fantomatique. Jacqueline Houser de Bourg en Bresse, ville jumelle de Bad Kreuznach, nous fait pénétrer dans son univers onirique avec ses œuvres brillantes de couleur, en tissus appliqués. Un échantillonnage représentatif de cet ancien professeur d'allemand est exposé jusqu'au 10 avril dans le hall de la Caisse d'Epargne, place du marché. Jacqueline Houser parvient à transcrire ses idées à l'aide de l'aiguille comme outil artistique, dans des décorations murales de grand format. Pour ce faire elle utilise des textiles aux couleurs très intenses qu'elle applique en cousant. Elle arrive ainsi à des effets de couleur intéressants, soulignés encore par la polarisation de tonalités crues ou pastel. Beaucoup de figuratif issu de la flore ou de la faune, mais elle exprime aussi sa richesse d'imagination apparemment inépuisable dans des œuvres aux formes abstraites. Un arc-en-ciel multicolore semble déployer son luxe de couleurs et se répandre en un flot de tonalités... ...Le mythique se mêle au réalisme, artisanat d'art, avec un sens certain de la forme esthétique.- ak -


Italie
mai 2004

Personale di
Jacqueline Houser
RITAGLI DI SENTIMENTO


6 marzo - 5 maggio 2004 Milano, Centro SIPRe Via Carlo Botta 19

« La mission de l'art n'est pas d'imiter la nature mais de l'exprimer ». E' a partire da questa citazione di Honoré de Balzac che si possono leggere la ricerca e I'arte di Jacqueline Houser.
I suoi ritagli di sentimento trovano la loro giusta collocazione nello spazio Siprel - Società Italiana di Psicoanalisi della Relazione - di Milano dove l'artista espone le sue creazioni ispirate da natura e sentimento, Uno spazio ad hoc per la mostra che viene ospitata in uno dei laboratori della mente dove visione e realtà sono intrinsecamente unite nell'analisi della relazione interpersonale.
L'artista francese elabora un'arte sentimentale senza prefiggersi di riagganciarsi ad alcun schema o immagine realistici. Il suo lavoro nasce con la materia, e finisce con la materia in un esplosione di tessuti pazientemente ritagliati, applicati, cuciti e ritoccati.
Per non alterare l'intensa matericità del quadro, l'artista prepara Io spazio come si prepara un affresco, la mano detta i passaggi impliciti dei gesti prossimi ed esperti, poi l'artista usa il filo e l'ago con la stessa destrezza di chi usa gli arnesi di un telaio ; ogni passo determina una riflessione a sé e permette di svelare il paesaggio interiore dell'artista. Energia, passione, sogni, ideali, innocenza, estasi, primeggiano. Le tele composte di tessuto ricco in colore è in effetti decorativi si susseguono con lo stesso moto ispiratore.
L'arte di Jacqueline Houser non offre una visone puramente idealistica del mondo : si puo infatti essere acutamente consapevoli del divario tra arte e natura, tra concetto e realtà, e cercare ugualmente l'essenza delle cose. In virtù di questo equilibrio dïfficile, l'artista riesce a focalizzare una voluta innocenza nel suo operare e nelle tematiche scelte. Materià, colore, volume, e un cosciente e attivo lavoro, sono gli ingredienti delle composizioni dell'artista francese la quale riesce a fornire una nuova definizione di lirismo in chiave del tutto personale.
Jacqueline Houser infatti ci propone una visione estetica del mondo di cui l'îmmaginario collettivo sembra riafflorare in tematiche ormal rimosse dall'operare artistico. La natura, la bellezza e il tentativo di contenerne una visione sfuggente, quasi fuori luogo dal contesto decisamente sterile e turbato che caratterizza la nostra esistenza, troneggiano. Per poter esprimere la natura, il gesto deve andare di pari passo con la forza interiore che l'artista sa di possedere. La credibilità trova la sua giustificazïone nella coerenza, e i ritagli di sentimento che l'uomo si ricrea all'interno del cosmo sono Il quasi a giustificare l'esistenza di questa arte "applicata'' (davvero anche in senso etimologico ... ).

Ufficio Stampa
ProgressiV Art Group. T. 333 2944877 info@progressivartgroup.com
Mostra in programmazione dal 6 marzo al 5 maggio 2004
Ingresso alla mostra gratuito
Orari su appuntamento tel. 333 294487 / 02 5454442
iSipre (società italiana di psicoanalisi della relazione), Via Carlo Botta 19, Milano, ist, mjlano@sipreonline.it

(Traduction)


 

Ritagli di sentimento


« La mission de l’art n’est pas d’imiter la nature mais de l’exprimer ». C’est à partir de cette citation d’honoré de Balzac qu’on peut lire la recherche et l’art de J. Houser.

Ses ‘‘ritagli di sentimento’’ ( découpes de sentiment ) trouvent leur juste place dans l’espace SIPRe de Milan où l’artiste expose ses créations inspirées par la nature et le sentiment. Un espace ad hoc pour l’exposition qui est reçue dans un des laboratoires où vision et réalité sont intrinsèquement unies dans l’analyse de la relation interpersonnelle.

L’artiste française élabore un art sentimental sans se fixer ou s’accrocher à aucun schéma ou image réaliste. Son travail naît avec la matière et s’achève avec la matière dans une explosion de tissus patiemment découpés, appliqués, cousus et retouchés.

Pour ne pas atténuer l’intense matérialité du cadre, l’artiste prépare l’espace comme on prépare une fresque, la main dictant les passages implicites des gestes suivants et experts, puis l’artiste utilise le fil et l’aiguille avec la même dextérité avec laquelle on utilise les outils d’un canevas ; chaque pas détermine une réflexion sur soi et permet de révéler le paysage intérieur de l’artiste. Energie, passion, rêves, idéaux, innocence, extase… s’expriment. Les toiles composées de tissus riches de couleurs et d’effets décoratifs se suivent sur le même mode d’inspiration.

L’art de Jacqueline Houser n’offre pas une vision purement idéaliste du monde. On peut, en effet, être exactement conscient de la dualité entre art et nature, entre concept et réalité, et chercher également l’essence des choses.

En vertu de cet exercice difficile, l’artiste réussit à focaliser une innocence consciente dans sa façon de faire et dans les thèmes choisis. Matière, couleur, volume, ainsi qu’un travail conscient et actif sont les ingrédients des compositions de l’artiste française qui réussit à donner une nouvelle définition du lyrisme dans une interprétation tout à fait personnelle.

Jacqueline Houser en effet nous propose une vision esthétique du monde dans laquelle l’imaginaire collectif semble affleurer dans des thématiques désormais révolues dans la façon de faire des artistes. La nature, la beauté et la tentative de contenir une vision fugace presque en dehors du contexte décidément stérile et troublé qui caractérise notre monde… tiennent le devant de la scène. Pour pouvoir exprimer la nature, le geste doit aller de pair avec la force intérieure que l’artiste sait qu’il possède. La crédibilité trouve sa justification dans la cohérence et les ‘‘ritagli di sentimento’’ que l’homme recrée à l’intérieur du cosmos sont là presque pour justifier l’existence de cet art appliqué.


Texte de Françoise Gilli

Traduit de l’italien par Agathe Gaillard